ARTISTES


Ninon VIGNOL

Passionnée par l’art en général, et ancienne étudiante en Histoire de l’art (spécialiste, je précise, de la période médiévale) j’ai mis entre parenthèses mon parcours universitaire au profit d’un engagement dans le domaine de la création picturale.

En tant que latino-américaine, je suis touchée par différentes problématiques sociales et culturelles qui m’ont amenée à beaucoup réfléchir sur des sujets comme l’identité, le territoire, la culture et les relations – « tissus » – humain(e)s.

Je suis née dans une ville magnifique, nichée près d’un lac au creux des montagnes, en Haute Savoie. J’ai encore, fixées dans ma rétine, des centaines d’images qui ont marqué l’enfant que j’étais : les reflets de l’eau en été, les montagnes enneigées… Je me souviens encore m’être dit qu’il faudrait inventer un moyen d’enregistrer exactement ce que je voyais, comme un bouton au coin de l’œil sur lequel je pourrais appuyer à tout moment. C’est peu après que j’ai découvert l’appareil photo et ses possibilités. Je me suis amusée un peu, sans approfondir, frustrée que la machine n’enregistre pas exactement ce que je voyais.

J’ai commencé à m’intéresser à la photographie très jeune, à l’âge de 12 ans, et ai tenu un blog pendant quelques années, que je nourrissais de photographies, d’essais et d’anecdotes tirées de mon quotidien.

Quel est l’impact qu’a l’environnement sur moi ? Quel est l’impact que j’ai sur l’environnement et comment je parviens à le transformer ? Instinctivement, je me questionne sans arrêt sur ce lien tendu entre l’essence humaine et l’artifice que l’homme alimente pour s’éloigner toujours un peu plus de lui-même.

C’est avec la réalisation de mon projet de diplôme sur le thème de la jungle que j’ai commencé à me sentir à l’aise avec ma production créative. Un projet d’un an qui m’a permis d’associer la rigueur du graphisme et la plasticité du design textile. De plus, ma participation à différents concours comme celui de Fly ou encore celui de la FFBD (Fédération Française de Dentelle et Broderies, où j’ai remporté le premier prix pour mon motif applicable en broderie), m’ont donné confiance en ma démarche, à la frontière entre graphisme et textile.

Peindre n’a pas été ma vocation première. J’ai commencé par être danseur. J’ai intégré l’École de danse de l’Opéra de Paris étant enfant. J’y ai suivi toutes mes classes, jusqu’au diplôme de danseur. Ces années de danse intensive ont été pour moi l’occasion d’apprendre la rigueur du travail artistique, et m’ont amené à réfléchir sur le mouvement et comment le rendre expressif (question fondamentale du danseur).

Actuellement étudiante en troisième année de licence d’histoire de l’art à Paris 1, j’ai choisi cet itinéraire pour toucher à la moelle des œuvres. Je voulais comprendre les enjeux de ces artefacts humains, puiser chez nos grands maîtres, m’abreuver de leurs débats. Et c’est, pour une part, ce que l’université m’a apporté.

Des portraits taille humaine se dressent face à nous. Regards neutres, « omnivoyants », ils nous observent, nous scrutent, nous jugent ou s’étonnent. Ils savent. Ils prennent plus ou moins de place sur la toile, saturent souvent l’espace et semblent nous retenir, me retenir, comme des obstacles bienveillants. Ni trop proches, ni trop éloignés, ils nous regardent comme face à leurs propres interrogations. Ces mêmes interrogations que l’on se pose forcément face à ces regards incisifs.