HEMMATI Saber


Peintre, sculpteur et musicien, il est né en 1984 à Borojed, en Iran. Il sort diplômé de l’école des beaux-arts de Téhéran en 2007.

Saber naît en pleine Guerre du Golfe, opposant l’Iran à l’Irak jusqu’en 1988. À la fin du conflit, du haut de ses quatre ans, Saber dessine son quotidien fait d’armes, de soldats et de patrouilles. Le style enfantin tranche évidemment avec la violence du sujet ; un contraste qui se maintient par la suite dans toute son œuvre.

 

Musicien professionnel, il aime accompagner ses peintures et sculptures de performances musicales. Pour Visions Urbaines, il associe pour la première fois installation et musique traditionnelle iranienne.

 

“Sans titre” figure un plan de Paris, envahit par des soldats et un rhinocéros en plastique. Si leur disposition peut changer, ils restent néanmoins toujours circonscrits au quartier de l’Unesco.  Saber plaque sur le plan ses souvenirs d’une ville en guerre. Il interroge ainsi les notions d’identité et de territoires, lui qui, comme son pays, garde des séquelles du conflit.


Des militaires et un pachyderme, ces seuls éléments suffisent à évoquer la célèbre pièce de théâtre de Ionesco, Rhinoceros. L’œuvre a marqué les esprits, notamment celui de Saber, par la façon dont l’auteur compare la guerre et le besoin de violence à une maladie pandémique.  On retrouve donc le thème du conflit, à nouveau traité de façon douce et enfantine par l’utilisation de jouets. Saber situe sa guérilla imaginaire dans le quartier de l’Unesco, c’est-à-dire près d’un organisme promouvant et protégeant l’éducation et la culture. À noter que dans sa langue maternelle Unesco et Ionesco se prononcent de la même façon. 
En choisissant de se référer à une œuvre littéraire, il met en balance guerre et culture.

 

Il en va de même pour sa performance musicale, qui, pour la première fois encore, sera improvisée. Saber joue de trois instruments traditionnels perses : du Setâr (luth), du Tombak (percussion) et du Kamânche. C’est ce de dernier dont il se sert ici. Il s’agit d’un instrument à cordes, composé d’un bâton traversant une petite caisse de résonnance. Le musicien pose le kâmanche à terre, et le fait tourner tout en maniant l’archet. Entre les mains de Saber, l’instrument met en musique les aléas de la guerre, les moments plus calmes, et ceux où la tension est palpable. 
En écho à son installation, il place un soldat de chaque côté de son archet. Face à face, l’un avance et mène l’attaque, tandis que l’autre se replie, et ainsi de suite, dans un conflit sans fin.

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