Jeanne de Polimanie, Holzwege – Chemins qui ne mènent nulle part, Installation, 2017 ©jeannedepolimanie

Jeanne de Polimanie


Parisienne d’origine, je vis aujourd’hui entre la France et Montréal. J’ai étudié la philosophie et l’histoire de l’art avant de me tourner vers les arts plastiques que j’ai rencontrés en particulier à travers la calligraphie durant un séjour de deux ans en Chine.

La vie m’apparaît principalement sous la forme du décalage, un décalage entre ce qui nous est proposé et ce qui est ressenti, entre l’image et l’expression, entre ma position et ma nature. Je tente donc, dans ma pratique artistique, de matérialiser ce sentiment d’écart en cernant ce qui rend différents les objets de leur image.

J’utilise pour cela les mots, les objets, les phénomènes, les mythes à la fois dans la crudité de ce qu’ils sont et dans les possibilités qu’ils offrent de détournements. A partir d’accointances visuelles ou sémantiques, je les transforme en suggestions d’appréhensions décalées en sondant tout particulièrement ce que la spiritualité a de matériel et ce que le matériel a de transcendant. Je mets ainsi en regard des œuvres s’appuyant sur les croyances anciennes ou modernes et d’autres explorant les propriétés physiques de la matière. Je ne m’intéresse à travers eux non pas au rapport à la vérité, mais au consentement auquel ils font appel.

Cette transcription des aspects à la fois instantanés, éphémères et atemporels qui se jouent dans la spiritualité, dans l’existence matérielle et dans la signification se veut distanciée et légère dans la forme, préférant le clin d’œil au doigt pointé.

Pour ces divagations parmi les signes, j’utilise pour matériaux des objets et des mots, plus découverts que trouvés. Ils ne sont pas rendus intéressants tant par le hasard qui les a disposés à un instant dans une situation de confrontation que par leur aptitude à être dévêtus de leur signification habituelle pour se voir affublés de nouveaux habits. Les mots ajoutés aux images, plus qu’un titre, sont une partie de l’assemblage en ce qu’ils situent une image et en ce qu’ils se mêlent aux mots qu’elle-même porte pour lui conférer une autre dimension.

Malgré leur aspect matériel (sculptures, collages, assemblages), ces jeux de distorsion procèdent avant tout par gestes ; des gestes qui, comme dans la calligraphie chinoise, se découvrent dans ce qu’ils créent. Ils ne sont pas destinés à produire de nouveaux objets, mais à laisser une trace fugace qui ne devra son éventuelle survie qu’à une incertaine permanence dématérialisée. Ces œuvres n’ont donc d’existence qu’en tant qu’images qui prennent tout leur sens dans la présence sur le web et en particulier sur les réseaux sociaux, lieux de l’éphémère et du superficiel, mais aussi de la continuité et de l’agglomération.

A peine réalisées elles sont déjà abandonnées, car chaque image n’existe que le temps d’un mouvement et celui d’un regard.

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