NUGUES LOU // EXPOSITION VISIONS URBAINES


Née en 1990 à Lyon, elle est diplômée de l’Université de Paris 8 et des Beaux-Arts de Bologne. Elle vit à Paris, où elle enseigne les arts plastiques à des collegiens.

 

“Une grande partie de mon travail s’inspire de la ville, ses mécanismes, son architecture, et les “ambiances” que je peux y saisir”

 

Lou est très familère de la ville de Marseille. C’est une ville qu’elle aime et où elle se rend plus que régulièrement. C’est aussi un lieu d’histoire qui accueille depuis des siècles des populations venues de tous horizons. Son statut de “Cité-monde”, Marseille le porte sur elle et en elle, surtout dans son architecture, nourrie par de multiples influences. Cette beauté et cette richesse convainquent Lou de faire de la ville et de ses habitants le cœur de son nouveau projet : Au coeur de ma cage.

 

Cette série de photographies en noir et blanc est une suite de récits et de rencontres. D’abord, celles des Marseillais avec leur ville : ils l’habitent, lui donnent vie, la transforment et la construisent; tandis qu’elle abrite leurs destins et leurs histoires. Les habitants sont fiers de leurs terres qu’ils enrichissent de leurs cultures diverses. Mais la ville n’appartient pas qu’à ceux qui la vivent tous les jours; elle doit aussi à ceux qui la visitent, qui la traversent.

 

Au coeur de ma cage est le récit des rencontres de Lou avec ces gens. Pour chaque cliché elle photographie l’individu, puis un lieu qui lui est cher, souvent constitutif à la fois de son histoire personnelle, et de celle de la ville. Elle fusionne ensuite les deux photographies en jouant de la surimpression : à nouveau, il y a rencontre.

Mais ces abris qui ont vu grandir ces individus, paradoxalement, les enferment. “En rencontrant et en photographiant ces personnes, j’ai vu des murs. Des murs qui enferment, qui séparent, qui bornent la vue et volent des vies.” Lou se saisit de cette tension, et la traduit plastiquement.

 

Les individus, souvent photographiés de face, se retrouvent enfermés entre des murs, derrière des façades. Les clichés en deviennent très frontaux et ajoutent à l’aspect oppressant. Et même lorsque Lou change son mode opératoire, et qu’elle photographie le sol en plongée, elle redresse le cliché, érigeant la terre en un immense mur qui paraît infranchissable. 
Toutefois la surimpression supprime l’opacité de ces façades, qui prennent alors plutôt le statut de frontières, autorisant le passage. Les failles et les brèches qui les lézardent sont autant de voie vers l’évasion. Le choix de la surimpression permet à Lou d’instaurer un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur, et les effets de transparence traduisent on ne peut mieux la relation identitaire que les habitants entretiennent avec leur ville : elle fait partie d’eux, comme eux font partie d’elle.

 

Tumblr : lounugues.tumblr.com

 

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