GUILLON JEAN-FRANÇOIS // EXPOSITION VISIONS URBAINES


Issu de l’École des Beaux-arts de Paris, il est plasticien et scénographe. En 1994, il co-fonde l’espace “À l’écart” à Montreuil, et la galerie “Ipso Facto” à Nantes en 1997. Depuis 2007, il est le scénographe des spectacles de Didier Galas.

 

à(

Le travail de Jean-François Guillon porte essentiellement sur la question du signe. Plasticien et scénographe, l’artiste s’interroge – toujours avec poésie et humour – sur les possibilités du langage, ses limites ou encore sa plasticité.

Ainsi, pour sa série photographique Choses vues, il se mue en chercheur de signes : il scrute les panneaux, les affiches et les enseignes, à la recherche d’une anomalie, d’une rencontre imprévue d’où surgit un sens nouveau.

Son travail de scénographe, ses sculptures et ses performances s’enrichissent par ailleurs d’un questionnement sur la mise en espace du texte.

 

Déplacement condense toutes ces préoccupations. La performance se veut muette : sans un mot l’artiste agite un dé dans son cornet, et le lance à terre. Mais le dé est lui aussi réduit au silence puisque ses faces sont blanches. Toutefois, à peine a-t-il touché le sol qu’apparaissent ces deux lettres : DÉ. Vidéo-projeté, le mot court le long des murs, interpelle les œuvres, cherchant peut-être d’autres signes avec lesquels faire sens. Car “dé” est non seulement un mot, mais aussi un préfixe, signifiant une séparation, une cessation. Pourtant, sa nature même évoque au contraire la réunion, l’assemblage, la complétude. Cette tension rend assez bien compte des procédés de Jean-François Guillon : adoptant une certaine forme de bricolage, il s’amuse à déconstruire et à reconstruire, sondant ainsi l’infini des possibilités offertes par les signes et le langage. Le silence, comme le dé vierge, ne sont pas inféconds, au contraire : ils sont la page blanche à partir de laquelle, peut-être, il adviendra quelque chose. 



 

Armé d’un panneau sur lequel est inscrit “placement”, le performeur provoque la rencontre. De celle-ci naît un autre terme : “déplacement”. Le mot décrit assez bien le jeu dont il est question : à la fois déplacement du mot vidéo-projeté, et du performeur dans la galerie ; mais aussi déplacement du sens, décalage et détournement.

 

Site : jeanfrancoisguillon.fr

 

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *