KO // EXPOSITION VISIONS URBAINES


Ko fait partie de « La Table Ronde ». Ce collectif réunit des artistes pluridisciplinaires (peinture, photographie, musique, vidéo) et divers collaborateurs liés par une vision artistique commune. Actif depuis 2014 sur les réseaux sociaux et dans la mise en place d’évènements et expositions, le collectif LTR développe un réseau ouvert de partage, autour de la question de l’art pour la jeunesse.

 

Ko opère aux frontières de l’illustration, de la calligraphie et de la BD. Il s’adonne aussi régulièrement à la sérigraphie et à la linogravure. Ses sujets privilégiés s’étendent du monde urbain à la nature, en passant par l’Histoire, le crime et les portraits.

Poster, affiche de publicité, frigidaire, télévision… les matériaux disent d’emblée l’importance du quotidien dans son travail, et plus encore de la vie urbaine.

 

Originaire de Hong-Kong, Ko s’installe à Saint-Denis en 2012. Il dépeint alors ce qu’il voit. Sous l’aspect fantaisiste, coloré et enfantin, il décrit avec une lucidité amère le quotidien de la jungle parisienne. Son regard sans concession n’élude rien et semble avoir horreur du vide. Panam Macadam est littéralement envahie ; ça grouille au point de produire une impression de bruit, celui des voitures et des sirènes interminables. De plus, le choix (assez rare dans son travail) de couleurs terreuses et éteintes traduit l’opacité de l’air, et l’insalubrité de l’environnement.

Toujours la violence perce derrière les références aux dessins animés qui camouflent et adoucissent l’ensemble. Ces éléments fantaisistes constituent une alternative au réel. Souvent, l’anthropomorphisme lui sert à révéler la nature profonde des hommes.

 

“Terreau de nos civilisations, jamais la violence et la guerre n’ont été aussi banalisées. Télé, internet… L’environnement pousse l’homme à l’agressivité et à l’individualisme. C’est marche ou crève.”

 

Ko multiplie les symboles et les références. Les éléments évoquant la société de consommation sont partout, colonisant la ville, à l’image de ces Nike démesurées sur lesquelles est bâtie la ville, et qui envahissent jusqu’au ciel.

Certains effectuent des cascades en motos, d’autres conduisent des limousines rutilantes; les dents de celui-là sont en or, les yeux de celui-ci affichent son amour pour la boisson : le bling-bling n’est pas loin. Ko opère un savant mélange, très représentatif de la pluri-culturalité de la ville.

Le regard se perd, ne sachant quelle direction prendre ni sur quoi s’arrêter. Parfois, l’œil attrape quelques références amusantes : King-Kong et « Croczilla » sont de la partie, représentants d’une certaine culture populaire véhiculée par la télévision, du blockbuster au b-movie. À cette culture s’adjoint la grande, l’historique, symbolisée notamment par les bâtiments culturels de la ville de Paris.

Sans vraiment prendre parti, Ko tourne ces éléments en dérision, et retranscrit leur cohabitation, jamais véritablement pacifique. Malgré sa complexité, c’est bien la cohabitation qui est au cœur de la ville, la fait vivre et la fait battre. Coûte que coûte, Paris tente de rester belle.

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