LILA TORQUEO // EXPOSITION VISIONS URBAINES


Née en 1994 à Paris. D’abord passionée de théâtre et de danse, elle se tourne dans un second temps vers les arts plastiques, qu’elle étudie à la Sorbonne. Son œuvre s’affirme via de multiples médiums : la céramique, le plâtre, la résine, le métal, le dessin, la photographie argentique, numérique et la vidéo.

 

Interdépendants, humanité et environnement se façonnent l’un l’autre. Amèrement, Lila constate la nouvelle puissance de la technologie qui tend à nous faire perdre de vue la réalité. Environnements virtuels, réalité augmentée…notre réel ne nous suffit-il plus ?


 

À travers ses travaux, Lila questionne les liens entre nature et technologie, et les limites de chacune. Dans un précédent projet, Pixels Inconscients, elle se positionne en tant que machine, attelée à une seule et unique mission : tracer des points minuscules, identiques, et avec le même écartement. Rapidement l’esprit sature, le corps faiblit et la volonté s’émousse. L’humain résiste à cette tentative d’avilissement, et c’est précisément cette résistance que Lila scrute, provoque et encourage.

 



Elle a donc naturellement porté son attention sur notre environnement direct : la ville, empire de technologie. Endroit de vie et de fête au quotidien, elle tend surtout à se muer en simple lieu de passage. Stressés, pressés, les sens accaparés par nos MP3 et smartphones, lequel d’entre nous prend encore la mesure de la beauté de ce qui l’entoure? Accablée par cette constatation, Lila entreprend de nous ouvrir les yeux. 
Influencée par les situationnistes (définir Mouvement ?) elle met au point un protocole – le plus objectif possible – pour définir les lieux à parcourir : elle appose sa main sur une carte de paris, et parmi les points se rapprochant le plus de sa paume, elle sélectionne ceux marquant des rues. Cette dérive organisée a lieu trois fois par semaine pendant un mois.

 

Cela redonne un sens au jeu sans qu’on y voit un facteur d’infantilisation […] Cet état d’extra-vigilence m’a dès lors permis de vivre ma ville plutôt que de la traverser”

 

Lila (re)découvre ainsi Paris et les “matières urbaines” dont la ville regorge : la forme d’un trottoir ou d’un poteau, le dessin d’une plaque d’égout ou d’une enseigne. Elle y applique des galets d’argile afin de garder leurs formes en mémoire. Il était alors sans doute logique qu’elle s’attaque ensuite à ses lieux de souvenirs. 
Souvent simples voir banals, les éléments dont elle prélève l’empreinte ne sont pas ceux que remarquerait le badaud. Ils participent pourtant de l’histoire de la ville. Sorties de leur contexte et rassemblées dans une sculpture en résine, ces “matières urbaines” révèlent leur qualité plastique. L’ajout de peinture chromée magnifie ces “petits monuments personnels”, leur donnant une préciosité qui excède la valeur sentimentale que peut leur accorder Lila.

Partie d’un protocole objectif, la démarche se fait finalement sensible et incarnée.

 

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