VILAMIL ROJAS YAMILE // EXPOSITION VISIONS URBAINES


Née en 1985 en Colombie, elle vit aujourd’hui en France où elle a étudié les arts plastiques, l’ésthétique et l’histoire de l’art. Elle prépare un travail de recherche sur les ex-voto dans l’art contemporain.

Yamile réfléchit aux questions d’identité, de cultures et de territoires. Forte de son cursus en éducation artistique et armée de ses expériences en médiation, Yamile tient à ce que ses projets soient accessibles. Elle travaille notamment beaucoup sur la dimension participative de l’art et organise par exemple de nombreux ateliers. Ceux-ci impliquent souvent des populations marginalisées, victimes de rejets et parfois même de violences.

 



En tant que Colombienne vivant à Paris, Yamile est fascinée par les marchés : lieux où se mêlent toutes les cultures. 
Que ce soit à l’échelle de la ville ou d’un quartier, le marché est un lieu de vie incontournable. Le plus souvent d’ailleurs, une place lui est spécifiquement dédiée : la place du marché. Celle-ci est centrale, tant géographiquement que symboliquement. Il s’agit donc d’un espace de sociabilité aménagé par et pour la ville, dédié au commerce, mais plus encore au dialogue et à l’échange.



 

Par ailleurs, le marché stimule l’ensemble de nos cinq sens. En cela il constitue une véritable expérience d’immersion au cœur des cultures du monde.  
Yamile a cherché à recréer cet environnement. Le spectateur est donc invité à se servir en fruits et légumes, ces derniers étant marqués par leurs origines diverses. À elle seule, l’étale symbolise déjà la pluri-culturalité du marché et, par extension, de la ville. S’y ajoute une bande sonore, enregistrée par Yamile dans son marché. Aussi, le spectateur voit, touche, prend, sent et entend. Il est entièrement plongé dans l’installation. Yamile s’empare du marché, et invite chacun à le rejouer.

 

Les conversations sont indistinctes, mais l’on perçoit nettement les différences d’intonations, d’accents et de langues. Yamile s’amuse de la façon d’interpeller le client, qui change selon les origines du marchand. Pour elle, cette attitude constitue la beauté du marché. Au-delà du commerce – aspect fondamental de nombre de sociétés – tous les individus sont les bienvenus. Les gens se croisent et échangent sur un pied d’égalité, quelque soit leurs croyances, leurs origines ou leurs opinions.

 

Le marché, en cela, fonctionnerait de façon subtile, comme une métonymie. À travers lui, Yamile dresse le portrait d’une ville vivante, multiple, favorisant le contact et les rencontres.

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