LADA NEOBERDINA // EXPOSITION VISIONS URBAINES


D’origine russe, Lada vit et travaille en France depuis 10 ans en tant qu’artiste.

 

 

Le travail de Lada suit deux axes principaux. D’abord, l’intervention dans l’espace public, notamment par les installations in situ. Ce type d’interventions, permettant “d’interpréter un lieu” sans pour autant le rendre impraticable, favorise le dialogue entre un emplacement spécifique – ici, la ville – et ses usagers.

L’autre axe autour duquel se développe son œuvre est le “travail du fil : broderies, patchwork, pompons”.  Une activité qui évoque donc la sphère privée, l’intime, et connotée comme “féminine”.

 

Ainsi, opposant privé et public, les deux aspects de son travail sont on ne peut plus éloignés. Toutefois, Lada se plaît à rassembler ces intérêts, à questionner leurs liens et à travers ceux-ci à s’interroger sur le statut de la femme dans la société actuelle.

Lada a ainsi réalisé une série dédiée aux bancs publics qu’elle recouvrait – ou du moins faisait interagir – avec des broderies. Elle faisait alors intervenir le privé dans le public. Le banc est en effet l’emblème de certains aménagements urbains, conçus pour favoriser une forme d’intériorité, de méditation et de repli sur soi au sein même de l’espace public. Ils sont donc par nature le lieu d’un dialogue que Lada s’approprie, prolonge et approfondit.

 

L’installation I’m coming, constituée des photos d’une femme nue et du Banc rue Besnier, réactive cette dialectique entre privé et public et questionne plus encore la place de la femme à la frontière de ces deux sphères. Lada effectue en effet un travail sur l’orgasme féminin, une quête commune à toutes.

Le banc est situé sur une longue rue en pente qui peut éventuellement être associée à l’acte sexuel. Le banc, qui propose une halte mais qui ne l’impose pas, ne traduit que trop bien le plaisir sexuel de la femme, longtemps négligé et relégué aux rangs de la pathologie, au profit de celui de l’Homme. Tout comme le banc, l’orgasme féminin ne serait qu’une possibilité dans la montée vers l’orgasme masculin. Le dialogue est renforcé par la photographie d’une venus vieillissante qui a un jour confié à Lada n’avoir jamais connu “d’amour” dans l’acte sexuel.

Mais c’est surtout cette dimension taboue propre à l’orgasme féminin qui a frappé Lada. Aussi, bien que faisant partie de l’humanité de la femme, son orgasme doit demeurer secret voire inexistant.

 

Plusieurs broderies sphériques répondent à l’installation. Réalisées sur du tissu destiné à fabriquer des draps, ces travaux représentent pourtant des éléments de la rue. Et afin de mieux rendre compte de la vie qui anime la ville, Lada joue sur les couleurs, les épaisseurs et la qualité de la ligne, souvent vacillante.

Lada questionne ainsi cette répartition brutale et toujours actuelle, à savoir : public/masculin, privé/féminin. Toutefois, pourrions-nous encore affirmer le bien-fondé/la légitimité de cette répartition ?

 

Site : neoberdina.com

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *