Portrait d’artiste : Ninon Vignol


Blow. Acrylique sur toile de coton. Octobre 2015. H: 89cm; L: 116cm

Blow. Acrylique sur toile de coton. Octobre 2015. H: 89cm; L: 116cm

Passionnée par l’art en général, et ancienne étudiante en Histoire de l’art (spécialiste, je précise, de la période médiévale) j’ai mis entre parenthèses mon parcours universitaire au profit d’un engagement dans le domaine de la création picturale.

Avant et pendant mes études, la sphère de la création régissait déjà mon quotidien, avec néanmoins comme différence fondamentale le fait que mes expérimentations concernaient exclusivement la sanguine/pastels/fusain sur papier cartonné. En utilisant désormais l’acrylique sur toile, je découvre des sensations inédites, liées au caractère plus « tactile » de la matière picturale, ainsi qu’aux difficultés supplémentaires que ce médium implique : le temps d’attente nécessaire au séchage, ou encore, le fait d’apprivoiser les multiples façons de manier les outils -nombreux et divers.

Sentiers. Acrylique sur toile de lin.Septembre 2015. H: 100 cm; L: 81 cm

Sentiers. Acrylique sur toile de lin.Septembre 2015. H: 100 cm; L: 81 cm

Bien qu’ouverte à toute forme d’art, mon domaine de prédilection est (et a toujours été) l’abstraction. J’aime que les lignes, les touches et les couleurs s’émancipent de tout sujet, pour s’exprimer en totale autonomie et générer dans leurs rapports dynamiques un sentiment d’harmonie ou un choc visuel. C’est donc le caractère sensoriel qui m’intéresse avant tout et la transmission la plus directe et immédiate possible d’une émotion. Je me me sens de fait très peu en accord avec les formes d’art conceptuel qui privilégient l’analyse intellectuelle d’une œuvre au détriment – à mon sens – de son caractère visuel, tangible et émotionnel, ne laissant finalement au spectateur qu’une possibilité moindre de se confronter aux émotions directes de ce que je pourrais appeler la « pure visibilité ».

The End. Acrylique sur toile de lin. Septembre 2015. H: 81cm; L: 100cm

The End. Acrylique sur toile de lin. Septembre 2015. H: 81cm; L: 100cm

Lorsque je peins, je ne me figure pas le résultat final. Avec une large brosse, je commence par appliquer la couleur, intuitivement et en totale liberté, sous forme de grands aplats. C’est ensuite que nait le mariage tendu entre spontanéité et maîtrise de ce qui émerge. Aussi, le cœur du processus pictural, sa phase la plus délicate, demeure lorsque l’harmonie des formes me devient plus perceptible, soit, quand je commence à sentir l’unité de l’œuvre  se  mettre en place – en outre, sa finalité.

J’utilise donc des brosses, larges et à poils rigides, mais aussi des pinceaux plus petits, toujours rigides pour favoriser la précision et la fluidité du trait ou de la touche. J’use également de spatules, que j’optimise pour gratter la matière, ceci afin de faire fusionner les couleurs entre elles et et aplanir certaines zones, contrastant alors avec l’épaisseur des couches voisines ?. En fait, je suis très sensible aux différentes formes de contrastes: entre grands aplats et petites touches emportées; entre planéité et sailllance de la matière; et enfin, entre les couleurs qui jouent entre elles par leur complémentarité, et s’harmonisent dans le même temps. À ce titre, je me sens particulièrement inspirée par l’oeuvre abstrait de l’artiste contemporain Gerhard Richter. Il privilégie le contraste par l’enchevêtrement des lignes, des formes et des couleurs, celles-ci s’entrechoquant et s’accordant dans une vision d’ensemble qui frappe immédiatement le regard.

Hélios. Acrylique sur toile de lin. Septembre 2015. H: 130 cm; L: 97 cm

Hélios. Acrylique sur toile de lin. Septembre 2015. H: 130 cm; L: 97 cm

Faire émerger ce sentiment de justesse et d’harmonie purement visuelles, avec pour seule actrice la dynamique de la matière et des couleurs, est une quête que je juge fondamentalement liée au principe même de la peinture. Mais c’est aussi une recherche des plus difficiles, étant donné l’absence de tout « guide » que constitue à mon sens la représentation d’un sujet figuratif. Je me sens de ce fait véritablement en phase avec les artistes du siècle précédent, les Jackson Pollock, Hans Hartung et autres représentants de l’abstraction pure, qui ont su clamer haut et fort par leurs créations et leur conception de l’acte de peindre, que le sujet devait laisser place à l’expression du geste et de la couleur dans son caractère le plus pur qui soit. Et j’ai l’intime conviction que suivre l’héritage de ces artistes n’est pas contraire à l’émergence de nouvelles formes de création.

Ninon

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