C’est quoi le métier… d’artiste?


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Mathieu Weiler en quelques infos :

                Artiste peintre, dessinateur et plasticien. Il est né à Grenoble en 1976. Il a obtenu son diplôme des Beaux-arts de Paris en 2001 avec Félicitation du jury et a été résident de la villa Médicis en 2002-2003. Ses premières séries se centraient sur l’environnement urbain, il a aussi peint la cime des arbres sur des grands formats qui oscillent entre réalisme et abstraction. Il est actuellement en train de travailler sur une série de peintures de petits formats, sur le corps humain. Il travaille aujourd’hui dans son atelier à la Ruche – Paris.

Scolarité (1 + 1 = 2) :

Mathieu dessine depuis toujours, il a tout d’abord, comme de nombreux élèves passionnés par leur cours, « fait des croquis dans les marges de ses cahiers ». C’est à l’occasion du départ de ses parents à Bruxelles qu’il s’inscrit au cours du soir de l’académie des beaux-arts. Sorti du lycée il retourne à Paris pour commencer l’école nationale supérieure des Beaux-Arts. Après 5 ans d’études il est accepté dans trois ateliers de l’école : les ateliers Alberola, Boisrond et Bioulès. Il obtient son diplôme avec les félicitations du jury, « le premier prix quoi ». Il effectue un an de post-diplôme et réalise une exposition avec Christian Bernard (président du jury lors de l’obtention de son diplôme).

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Atelier de Mathieu Weiler © Culturia – Marlène Bouix

Après l’école, le travail :

                En 2002-2003 Mathieu Weiler est résident à la villa Médicis, une des plus anciennes et des plus prestigieuses résidences d’artistes au monde. Il continu encore à faire de nombreuses résidences. Entre 2004 et 2006 il travaille au centre international d’Accueil et d’Echange des Récollets, au Centre d’art contemporain la Synagogue de Delme (2006), à la Fonderie Darling de Montréal (2011) et travaille cette année au Hyde Park Art Center de Chicago.

Il réalise aussi de nombreuses expositions collectives ou individuelles (il participera d’ailleurs à notre exposition Visions Urbaines à partir du 7 janvier 2016).

En février dernier, la galerie Brun Leglise lui a laissé carte blanche pour réaliser une exposition : Déambulation. Il est représenté par plusieurs galeries : la galerie RX – leur collaboration est aujourd’hui terminée, il collabore actuellement avec les galeries Brun Léglise (en cours de déménagement entre Paris et Genève), et Bernard Chauchet (Londres).

P1110052Atelier de Mathieu Weiler

©Culturia – Marlène Bouix

P1110044Statue du pavillon Eiffel, La Ruche

©Culturia – Marlène Bouix

P1110059Atelier de Mathieu Weiler

©Culturia – Marlène Bouix

La face cachée du métier… d’artiste :

                Pour le commun des mortels le travail d’artiste c’est : une vie de solitude et de pauvreté. Un métier où une personne à moitié folle gribouille partout, tout le temps, pour sortir un chef d’œuvre de temps en temps. Il y a aussi le manque de reconnaissance durant toute l’existence de l’artiste, une mort violente ou tragique dans le plus grand dénuement pour que quelques années plus tard quelqu’un se rende enfin compte que c’était un génie maudit.

                Pour de vrai c’est : exercer un art avec rigueur et excellence (mais ça vous le savez). Un artiste plasticien est amené à réaliser d’autres opérations, bien plus triviales au cours de sa carrière. Mathieu Weiler met l’accent sur l’importance du réseau dans de telles professions, même s’il semble ne pas forcément approuver ces pratiques. Il a commencé à développer le sien aux Beaux-arts de Paris, sans en avoir réellement conscience. Dans un premier temps, lorsque l’élève s’entend bien avec ses professeurs, ils peuvent lui présenter des personnes déjà intégrées dans le milieu. Dans un second temps « ces écoles permettent […] d’être en contact avec des gens de ta génération. Tu ne t’en rends pas compte mais tes copains, ils vont finir comme toi en galerie. »

Comme pour nous tous, si l’artiste veut travailler, il doit…postuler. Pour effectuer une résidence par exemple, différentes annonces sont publiées sur internet. L’artiste devra alors envoyer son dossier et son CV, passer plusieurs entretiens/présentations, avant d’être reçu (ou non).
« La villa Médicis par exemple c’est un truc à plusieurs tours. Tu as des rapporteurs qui sélectionnent les dossiers, puis ils le donnent à un jury. […] Après tu as un entretien, « un grand oral ». Je pense que c’est parce qu’il y a énormément de dossiers […] »

Pour vendre l’artiste doit aussi faire des expositions et si possible être suivi par une ou plusieurs galeries. Sa première galerie, Mathieu l’a trouvée en allant déposer un dossier sur place, mais cette technique est peu fructueuse. En règle générale une rencontre avec un galeriste se fait via le réseau ou lorsque, dans une exposition, le travail de l’artiste retient l’attention du galeriste. Mais alors comment exposer sans galerie ?

Mathieu nous parle de galeries associatives comme « Interface » ou « Le pays où le ciel est toujours bleu ». « Les galeries c’est tout un monde, […] plus tu es pointu, plus tu es intransigeant et plus c’est intéressant. Les galeristes ils te demandent ça mais par ailleurs il y a aussi un rapport marchand. C’est un autre volet du métier, parce qu’ils peuvent aimer deux séries, mais s’il y en a une qui se vend mieux, l’exposition d’après, souvent ils vont te pousser vers celle-là. ».

Ensuite, il faut fixer le prix de son travail « En sortant des beaux-arts si tu expose et que tu vends, il y a une sorte de prix minimum. Mes tableaux je peux passer six mois dessus, mais je ne les vends pas à plus de 6700 euros, ce qui est un prix, mais en temps horaire ce ne serait pas ça. C’est plutôt que tu as une sorte de côte qui se crée au début, et si ça marche un petit peu les galeristes augmentent cette côte. Ensuite il y a un vrai marché de l’art, où il y a un emballement pour les stars qui sont à la mode. Souvent ils rajoutent un ou deux zéros sur une côte normale. Une fois que tu passes en vente aux enchères, il y a aussi la côte enchère. Je sais par exemple qu’il y a des artistes qui coutent très cher en galerie, mais leur côte enchère est moins élevée. Parfois quand c’est des grands artistes, les galeries achètent pour qu’il n’y ai pas de trous dans la côte de l’artiste. » Au-delà de ces réalités, toute création reste la responsabilité de l’artiste.

Pour finir, selon Mathieu, un peintre gagne bien sa vie mais pas de manière régulière. Pour pallier à ce problème, il donne des cours aux ateliers de la ville de Paris. Cela lui procure un salaire fixe « […] ce que les banquiers aiment bien aussi. ». Donner des cours lui permet aussi de voir des gens au quotidien, ce qui n’est pas possible dans la pratique d’atelier.

Voilà vous savez tous sur le métier d’artiste, rendez-vous bientôt pour découvrir un autre métier !

Marlène Bouix

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Atelier de Mathieu Weiler © Culturia – Marlène Bouix

Une Webographie pour un peu plus de renseignement sur Mathieu Weiler :

http://www.lecorridordelart.com/2015/02/deambulations-carte-blanche-a-mathieu-weiler-pour-une-exposition-collective.html

http://interface.art.free.fr/spip.php?article46

http://www.villamedici.it/fr/r%C3%A9sidences/pensionnaires-depuis-1666/w/weiler-mathieu/

http://www.mathieuweiler.com/#/bio

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mathieu_Weiler

https://www.youtube.com/watch?v=17EqUPLxkkA

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