Lila Torqueo


Paysage d'une dérive, Sud de Paris, Résine polyester, pigments argentés, 35 x 30 cm

Paysage d’une dérive, Sud de Paris, Résine polyester, pigments argentés, 35 x 30 cm

Quel est l’impact qu’a l’environnement sur moi ? Quel est l’impact que j’ai sur l’environnement et comment je parviens à le transformer ?

Instinctivement, je me questionne sans arrêt sur ce lien tendu entre l’essence humaine et l’artifice que l’homme alimente pour s’éloigner toujours un peu plus de lui-même.

Je veux mettre à profit les découvertes que j’ai faites sur moi-même, les étendre aux autres, et voir à quel point notre nature dépasse la technologie. Tous mes jours à venir seront consacrés à la tentative d’établir une passerelle entre les nouvelles technologies et l’organicité de l’homme.

Je propose dans le cadre de l’exposition Visions Urbaines des sculptures comme objets d’une expérience. Partant d’un protocole objectif, à la manière des situationnistes, je suis allée à la rencontre de Paris, ville de mon quotidien. Avec une carte de la ville, et parfois munie d’une valise contenant mon matériel, j’ai arpenté Paris comme une étrangère en éveil. À pied, en vélib, ou en métro, j’ai suivi sur une carte les points de ma dérive organisée, et ce 3 fois par semaine pendant 1 mois.
Mon regard dissipé de parisienne toujours pressée m’empêchait d’observer la diversité des matières urbaines. Mais cette dérive m’a permis de découvrir des surfaces organiques, métalliques, plastiques ou minérales inédites. Cet état d’extra-vigilance suscité par la dérive m’a dès lors permis de vivre ma ville au lieu de la traverser.

Empreinte numérique, 2014, impression photographique

Empreinte numérique, 2014, impression photographique

Comme un photographe qui fixe une image, je suis venue capturer des volumes, des matières urbaines. Ces empreintes, sorties de leur contexte et fusionnant dans le même matériau, perdent leur sens et deviennent des surfaces abstraites. N’attirant auparavant pas forcément le regard du passant, ici, elles révèlent leur qualité plastique.

Souvenirs sensibles, 2015, plâtre, peinture chromée

Souvenirs sensibles, 2015, plâtre, peinture chromée

Dans un deuxième temps, je me suis focalisée sur le rapport qu’il y a entre mes souvenirs et les lieux qui les habitent. J’ai arpenté tous les lieux que je fréquentais à Paris pour retracer l’imaginaire que je me suis peu à peu construit. Avec le même procédé j’ai capturé les empreintes de ces passages, de ces jardins, de ces places. Elles font chacune le récit en volume de leur rencontre. L’ajout d’une peinture chromée sacralise ce petit monument personnel et donne de la valeur à ces surfaces, à l’origine insignifiantes.

Ces travaux sont autant de réactions face à ces univers virtuels, dénués de sensibilité, qui nous empêchent de desseller la beauté du monde ordinaire. Les jeux virtuels nous proposent des univers fantasmagoriques qui nous écartent de nous-mêmes. Or, ne nous faudrait-il pas reprendre contact avec notre environnement, aussi simple soit-il, pour se sentir de nouveau exister ?

Lila Torqueo

http://lilatorqueo.wix.com/lilat 

Vous pourrez retrouver Lila et voir ses œuvres  lors de notre exposition Visions Urbaines !

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